Les risques psychologiques d'être aidant : fatigue, culpabilité, conflits...

Il faut tenir pour le proche, coûte que coûte.

On refuse souvent de voir son propre épuisement ou on le relègue au second plan, jusqu’à l’épuisement.

La maladie qui rend irascible, la colère face à cette situation injuste, l’impression de ne jamais en faire assez pour le proche, de ne pas être à la hauteur, d’avoir toujours un train de retard, la conscience diffuse de l’issue inéluctable… 

Tout cela entraîne conflits, sentiments de fatigue physique, mentale et même dépression.

Il faut vous protéger en tant qu’aidant, ne pas vous oublier au profit de l’autre.

Le syndrome de l'aidant : un burn-out bien connu

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Personne ne peut supporter sans dommages une telle pression et un tel rythme sur le long terme. Pour tenir le coup, il faut se ménager des instants de répit, des bulles de liberté où on pense à soi avant de penser à l’autre, parler des soucis du quotidien, extérioriser sa douleur…

Professionnels, institutions et associations sont là pour vous écouter, vous conseiller et vous soutenir au quotidien. Vous pouvez aussi vous tourner vers d’autres aidants pour échanger ensemble avec des personnes qui vivent des situations similaires aux vôtres.

Être un aidant familial est souvent un travail à temps plein, parfois plus encore, avec une charge mentale supérieure dû au fait que votre patient est votre proche. Au même titre que n’importe quel travail, il faut savoir prendre des pauses et ne pas hésiter à demander de l’aide.

Si vous avez d’autres proches, partagez votre tâche d’aidant : ce n’est pas parce que vous êtes l’aîné ou que vous habitez plus près, que c’est à vous de tout faire. Par exemple, certaines démarches administratives peuvent très bien se gérer à distance.

Se faire aider par des professionnels pour éviter l’épuisement

Les aides ne manquent pas pour les aidants familiaux : aide à domicile (portage de repas, ménage, livraison de courses, aide-soignant ou infirmiers à domicile…), aides financières (APA, aide-ménagère, PCH, complémentaires santés, aides fiscales…). 

Il n’y a aucune honte à demander de l’aide, au contraire : c’est indispensable, autant pour votre bien que pour celui de votre proche.

“Foncièrement, nous ressentons le besoin de « venir en aide », il existe une notion de devoir et de réciprocité dans cette attitude. L’aidant, même si nous nous définissons rarement par ce terme, est constamment confronté à la responsabilité de sauvegarder au mieux l’identité et la qualité de vie de la personne. C’est un accompagnement de tous les instants qui, souvent ajouté au tracas de sa propre vie personnelle, finit par donner l’impression de ne pas « être à la hauteur » engendrant le sentiment de culpabilité. Le professionnel a alors comme objectif de créer une relation de confiance et d’écoute reposant sur la reconnaissance et la réassurance. Ainsi le passage de relais, qui ne peut être que progressif, et l’acceptation de moments de répit seront facilités.”

Pauline Fremaux, psychologue et neuropsychologue au CH Bernay